Sous l’impulsion du ministre René Collin, en charge de l’Agriculture, le gouvernement wallon a dégagé un montant supplémentaire de deux millions d’euros pour encourager la création ou la prise de participation dans des coopératives agricoles. Concrètement, une aide de 2.000 euros sera accordée aux agriculteurs qui entrent dans le capital social d’une coopérative.

Les coopératives agricoles jouent un rôle essentiel. En 2011 déjà, un sondage de l’agence bancaire Crelan estimait que 35 % des agriculteurs wallons avaient pris part à une structure associative de ce type. Et pour cause : les coopératives permettent l’utilisation commune d’outils de production, de conditionnement, de stockage, de transformation des produits d’une exploitation et de commercialisation de ces produits.

Elles permettent aussi de renforcer l’implication des producteurs et leur participation aux décisions stratégiques sur l’ensemble de la chaîne qui mène du champ au consommateur. Elles peuvent enfin favoriser le développement de circuits courts et la rencontre entre citoyens et producteurs.
 


 

Filière bio : des objectifs plus ambitieux

En 2013, le gouvernement wallon adoptait son Plan stratégique Bio, avec des objectifs chiffrés concrets à atteindre à l’horizon 2020. Les objectifs initiaux étaient de placer en production bio 14 % des surfaces agricoles utiles, de créer 1.750 exploitations certifiées bio et d’atteindre 3 % de parts de marché dans la commercialisation des produits agricoles.

En 2017, ces objectifs étaient remplis à 60 % en termes de surface, à 75 % pour le nombre d’exploitations et à plus de 90 % pour la commercialisation. Dès lors, en sus de ce plan stratégique, le ministre Collin a fixé des objectifs plus ambitieux encore : 18 % de surfaces, 2.000 exploitations et 6 % de parts de marché.

 

Mieux encadrer la filière

Toujours dans le cadre de ce plan, qui prévoit une vingtaine d’actions destinées à favoriser l’essor de la filière, le ministre a débloqué un montant de 250.000 euros. Objectif : financer des appels à projet visant à renforcer la cohérence et l’organisation de l’offre dans la filière bio. A l’image de ce qui se fait déjà avec les coopératives traditionnelles, ce processus doit mener à la création de groupements de producteurs.

Les coopératives agricoles jouent un rôle essentiel. Elles permettent l’utilisation commune d’outils de production, de conditionnement, de stockage, de transformation des produits d’une exploitation et de commercialisation de ces produits.

Ces appels à projets couvrent différents domaines : une analyse des besoins de ces groupements, du point de vue des producteurs comme de celui des consommateurs ; la collecte de données, y compris sur le terrain, pour dresser un état des lieux approfondi du secteur ; la structuration des producteurs agricoles bio de la filière, grâce à la création de groupements 100 % bio ; le développement des services nécessaires à ces groupements, par exemple pour la définition des prix rémunérateurs, l’instauration de partenariats et la facilitation de l’accès à des réseaux de distribution efficaces.

 

Mesures divers

Diverses mesures viennent compléter ce dispositif. Le Centre wallon de recherches agronomiques (CRA-W) a reçu 1,5 million d’euros pour intensifier les recherches visant à trouver des alternatives aux pesticides et néonicotinoïdes. Aujourd’hui largement utilisés, ceux-ci ont des effets dommageables pour l’environnement.

En outre, un montant de 500.000 euros a également été alloué pour améliorer la promotion des produits agricoles wallons via l’APAQ-W - l’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité. Ce montant n’est cependant pas dédié aux seuls produits bio, mais bien à l’ensemble de la production. Il en va de même des 6,3 millions d’euros mobilisés pour le Fonds des calamités agricoles. Ce montant est prévu pour dédommager les producteurs à la suite des épisodes de sécheresse et de gel de l’an dernier.