Comment peut-on arriver à manger sain et pas cher ?

Jean-Philippe Watteyn : Il faut aller directement chez le producteur. On retire ainsi des maillons de la chaîne, donc les prix diminuent. Un kilo de pommes de terre est souvent moins cher chez le producteur qu’au supermarché. Quand un légume fait 10 000 km, il faut les payer. Il faut aussi utiliser des légumes de saison. Mais tout est lié : quand on va chez le producteur, on a obligatoirement des produits de saison.

Comment en finir avec le gaspillage ?

J.-Ph. W. : J’essaie d’utiliser les produits à 100 %. Avec la carcasse d’un poulet par exemple, on peut faire un bon bouillon de légumes, qui lui donne tout son goût. On peut aussi faire des chips avec des épluchures de pommes de terre qu’on passe à la friteuse à 140°, puis à 180°. On peut frire des racines de poireaux pour en faire des croustillants. Dans Top Chef, nous avons eu une épreuve où nous n’avions pas de produits de base, juste des déchets de cuisine ; tout le monde a réussi à faire un beau menu gastronomique avec entrée, plat et dessert. Normalement, on ne devrait quasiment rien jeter !

Les magasins hard discount, cela vous semble un bon plan pour manger sain ?

J.-Ph. W. : Il y a des produits qui en valent la peine. Autant prendre de la chapelure pas chère à 1 €/kg plutôt qu’à 25 €/kg. Même chose pour le lait. Les hard discount ont aussi des marques de qualité à moitié prix. Il y a une beurrerie qui produit trois marques à des prix différents, dont la moins chère pour un hard discount… mais c’est le même beurre !

Estimez-vous qu’il existe des vins de bonne qualité peu onéreux ?

J.-Ph. W. : Oui, mais il ne faut pas aller trop bas dans les prix. Si on compte le prix de la bouteille vide, l’étiquetage, le transport, la douane, il faut qu’il reste de l’argent pour le vin ! Il y a déjà moyen de trouver de bonnes bouteilles à 4 € ; ce sont plutôt des appellations du sud, du style Languedoc-Roussillon. Les Bourgogne et Bordeaux, cela devient en revanche hors de prix. Il y a aussi de bonnes choses parmi les vins espagnols, chiliens, etc., mais éthiquement et écologiquement, c’est un peu dommage d’aller chercher un vin à 10 000 km, quand on en produit à 200 ou 300 km. De plus, leur fabrication est différente ; on n’a pas toujours un produit très naturel.