Comment expliquer le succès du personnage de Gaston Lagaffe ?

Sergio Honorez : « Au fait notamment qu’il n’était pas destiné à être un héros de BD. À l’époque où il fut créé, les héros avaient une fonction précise : reporter, aventurier, pilote d’avion, etc. Gaston, lui, vit dans la rédaction du journal, mais n’a pas de métier en tant que tel. C’est un peu un employé sans emploi qui fait des gaffes au sein de la rédaction. Il y a cette planche très connue où on explique qu’on a voulu photographier la page de rédactionnel du Fureteur, l’une des rubriques du journal de l’époque, mais que Gaston est venu mettre sa grosse tête devant l’objectif. Ce n’est pas plausible comme explication technique. En revanche, la planche est extraordinaire : le gros plan de Gaston avec les colonnes du Fureteur à l’arrière-plan. »

 

Gaston, c’est de la poésie, de la musique, de l’inventivité.

 

Il y a aussi le côté inventif de Gaston…

S. H. : « Il est en effet très créatif. S’il est payé « à ne rien faire », Gaston n’est pas un paresseux pour autant. Avec ses urgences, il vient perturber le ronron de la rédaction, veut aider et participer à la société… mais d’une manière qui lui est propre ! Gaston, c’est de la poésie, de la musique, de l’inventivité. Il met des ponts là où il n’y en a pas. »

 

Quels événements sont prévus dans le cadre des 60 ans ?

S. H. : « Il y a déjà eu l’exposition à la bibliothèque du Centre Pompidou à Paris et son catalogue, une compilation anniversaire des 60 meilleurs gags et une édition remastérisée et chronologique de toutes les planches par Frédéric Jannin, avec l’œil d’Isabelle Franquin. Pour la suite, il y aura Gaston comme invité d’honneur à la fête de la BD à Bruxelles, la réédition d’un ouvrage mythique aujourd’hui introuvable des entretiens de Numa Sadoul avec Franquin en 1986, et un livre mettant à l’honneur « En Direct de la rédaction », les chroniques écrites par Yvan Deloprte avec les illustrations de Franquin. »