La récup’… c’est tendance! Expliquez-nous … 

Arabelle Rasse: La récup’ attitude est partout: dans le secteur de la mode, du design, de la construction … On en parle tant dans la presse qu’entre « copines ». La crise économique et la mode récup’ (je consomme responsable, pas cher et original) ont contribué à l’essor de ce secteur, mais pas seulement. En effet, les acteurs de la réutilisation se professionnalisent, se multiplient et les mentalités changent. De plus en plus de citoyens remettent en cause leur mode de consommation, cherchent des alternatives et poussent la porte d’un magasin de seconde main, par choix. 

Que trouve-t-on dans un magasin de seconde main?

A.R.: De tout! Les objets du quotidien comme le mobilier, la vaisselle, l’électroménager, le matériel de puériculture ou des objets de déco, mais aussi des vêtements, ceintures, sacs et accessoires de mode. On y trouve des jeux, des jouets, des livres, des vélos et du matériel informatique. Bref, tous les objets de vie quotidienne qui nous entourent et qui peuvent vivre plusieurs vies!  

Qui sont les acteurs de la récup’ ? 

A.R.: RESSOURCES fédère une soixantaine d’entreprises d’économie sociale en Wallonie et à Bruxelles qui sont actives dans le secteur de la réutilisation et du réemploi. Elles proposent un service de collecte à domicile des encombrants, organisent le tri des dons, réparent vélos, électroménagers et mobiliers dans leurs ateliers de réparation, mettent en filière de recyclage ce qui ne peut être réutilisé et gèrent quelque 145 boutiques de seconde main. Plus encore, et c’est ce qui les différencie des acteurs privés, elles sont orientées projets de solidarité. Qu’il s’agisse d’insertion professionnelle, de formation ou le soutien à des projets d’entraide, tous les bénéfices engendrés par leurs activités sont réinvestis dans leur objet social. 

D’où viennent tous ces objets ?  

A.R.: Grand rangement? Déménagement? Les enfants grandissent trop vite? Les occasions sont nombreuses où l’on veut se débarrasser des objets qui nous encombrent. Les acteurs de la réutilisation de l’économie sociale proposent un service de collecte des encombrants. Une date de passage à votre domicile sera fixée pour la collecte des biens dont vous n’avez plus d’usage. Vous pouvez également faire le dépôt de vos dons directement en magasin. Pour ce qui est des textiles usagés, la collecte se réalise aussi grâce à un réseau de bulles de collecte soit plus de 4 100 bulles. Elles s’identifient grâce au label Solid’R qui vous offre la garantie d’une gestion éthique des dons. Car ce qui est devenu inutile pour vous peut s’avérer très utile pour d’autres!

Pourquoi choisir une entreprise d’économie sociale pour ses achats récup’? 

A.R.: J’épinglerais 4 arguments: 

  1. Des économies pour tous. Les magasins de seconde main appliquent des prix bas pour permettre à tous d’accéder à des produits utiles au quotidien. Ces objets continuent à vivre et ainsi ne viennent pas trop tôt augmenter la masse des déchets. Ce gaspillage évité est positif pour notre environnement et notre portefeuille.

  2. Proximité et humanité. 65 opérateurs, 7 ressourceries®, 29 centres de tri, 45 ateliers de réparation, 145 boutiques de seconde main, 4 100 bulles de collectes textiles, ... font partie du réseau RESSOURCES. La proximité est également dans le contact avec le client qui peut ainsi profiter de sa visite comme d’un moment d’échanges et de découvertes. 

  3. Satisfaction et professionnalisme. Les objets qui sont mis en vente ont été sélectionnés, nettoyés et vérifiés. Encouragés par la fédération, les acteurs de l’économie sociale se professionnalisent et s’engagent dans des démarches labellisées comme Rec’Up ou electroREV pour garantir aux clients des produits de qualité au juste prix et un service après-vente que l’on ne retrouve ni dans les initiatives citoyennes (donneries, trocs, repair café...) ni sur les brocantes.

  4. Consommation et pérennité. L’achat de seconde main se veut une alternative à la consommation traditionnelle. Si certaines entreprises d’économie sociale soutiennent des projets de solidarité à travers le monde, d’autres intègrent, forment et engagent des personnes peu qualifiées. 

Alors que vous soyez à la recherche de produits vintage ou upcycling ou d’alternatives à la société de consommation, que vous soyez passionné de déco à la recherche de meubles anciens ou relookés, ou que vous ayez simplement envie de chiner et de vous faire plaisir à petits prix, dans un magasin de seconde main, chacun y trouve son bonheur! 

Pour tous les fans de récup', le rendez-vous de 'la Fête de la récup' est un moment incontournable. À Bruxelles et en Wallonie, du 2 au 10 mai 2015, une trentaine d’actions gratuites seront organisées par les membres du réseau RESSOURCES: ventes exceptionnelles ou thématiques, ateliers créatifs, relooking d’objets, petites réparations par des « pros » de la récup'... Cette année, le vélo sera à l’honneur.

Les chiffres clés du secteur de la réutilisation et du réemploi

  • Depuis quelques années, ces activités de récupération se multiplient, se développent et évoluent dans une société en crise où le citoyen est de plus en plus sensibilisé à son impact environnemental et sociétal. 

  • En 10 ans, le nombre d’opérateurs a doublé ainsi que la quantité de tonnes collectées. 

  • La réutilisation et le réemploi participent activement à l’économie circulaire. Leurs activités de collecte, tri et valorisation des ressources contribuent au prolongement de la durée de vie des produits et à la réduction des déchets. En créant des boucles de circuits courts, elles permettent à de nombreux biens chaque année d’être réinsérés sur le marché.

  • 127 000 tonnes de biens usagés collectées, 39 000 tonnes de la collecte ont été revalorisées par les acteurs du réemploi.

  • Le secteur crée 2 289 emplois en équivalent temps plein (soit 4 800 personnes occupées) et a connu une augmentation de 64 % en 10 ans.

 

Sources : Observatoire de la réutilisation et du réemploi – édition 2014 - RESSOURCES ASBL