Le monde scientifique, les médias, l’opinion publique et le monde politique sont de plus en plus attentifs à ce sujet. Carlo Di Antonio, Ministre du bien-être animal répond à nos questions et fait le bilan sur la situation actuelle.

Quel est le contexte actuel concernant le bien-être animal ?

La Wallonie est aujourd’hui compétente pour prendre toute mesure en vue de protéger les animaux et favoriser leur bien-être.  Le problème le plus important est la maltraitance animale dans sa globalité, les achats impulsifs et les abandons qui en découlent.

Quels sont les projets mis en place pour relever ces défis ?

Dès le début de la législature, nous avons pris des mesures importantes. Nous avons mis en place un formulaire de dépôt de plainte en ligne. Toute personne témoin de négligence ou de maltraitance animale peut introduire une plainte directement auprès de l’Unité Bien-être animal du Service public de Wallonie via ce formulaire accessible à l’adresse suivante: http://bienetreanimal.wallonie.be

En 2014, nous avons également fait adopter le projet de décret visant à interdire l’élevage d’animaux à des fins de production uniquement ou principalement pour leur fourrure. C’est une avancée majeure dans le domaine!

Dire que la négligence ou la maltraitance d’animaux doivent être condamnées avec la plus grande fermeté est une chose. Nous avons donc adapté la législation en ce sens. Ainsi, depuis le 1er janvier 2015, toute personne ayant commis de tels faits est susceptible de se voir infliger une amende de minimum 100 euros et d’un emprisonnement de minimum 8 jours ou d’une de ces peines seulement.

En 2015, le projet de décret que j’ai déposé visant à interdire la commercialisation d’animaux sur tous les lieux publics, tels que la voie publique, les kermesses, fêtes foraines et événements similaires de type salon (ex : salon de l’auto,…) a été adopté. Je précise toutefois que la commercialisation d’animaux sera toujours autorisée, sous certaines conditions, et à l’exclusion des chiens et des chats, sur les marchés d’animaux, les marchés communaux et les expositions d’animaux.

La population de chats errants a augmentée de manière significative ces dernières années en Wallonie, causant  une surpopulation dans les refuges et de multiples nuisances dans les villes et communes wallonnes (bruit, déjections, dégâts aux poubelles,…). En octobre dernier, 111 communes wallonnes ont répondu à l’appel lancé visant à mener des actions de stérilisation pour lutter contre la prolifération des chats errants en Wallonie.

Nous avons clôturé l’année 2015 par une campagne de sensibilisation en faveur de l’acquisition responsable d’un animal : « Pour une nuit ou pour la vie ? ».

Au-delà des projets en cours, d’autres mesures devraient-elles encore être prises pour faire évoluer le bien-être animal ?

Ancienne compétence fédérale, le Bien-être animal est actuellement régi par la loi du 14 août 1986 relative à la protection et au bien-être des animaux. Une refonte de la législation est aujourd’hui nécessaire, 30 ans après sa première adoption, afin de répondre aux préoccupations et enjeux actuels en matière de Bien-être animal. Je souhaite pour ce faire doter la Wallonie d’un Code wallon du Bien-être animal, pertinent et éclairé. Le texte portera notamment sur la détention, la commercialisation, le transport des animaux et l’expérimentation animale,… Il s’agit d’un projet de législature !