Nul ne sait qui se cache sous ce masque et pourtant, tout le monde a déjà pu entendre ses sons synth-pop mélodieux. Cet artiste de 35 ans n’en est pas à son coup d’essai. Membre du groupe Joshua, il lance sa carrière solo sous le pseudo de Kid Noize en 2011 et enchaine depuis les titres en radio. Un succès remarqué par les D6Bels Music Awards qui le nomine pour le meilleur live en compagnie de Stromae et Girls in Hawaï. En 2013, sa passion le mène à créer le label Black Gizah qui produit des artistes de Bruxelles et de Wallonie : « Black Gizah, c’est une grande famille ! La plupart de nos artistes viennent de Wallonie car à la base, le but du label était de promouvoir les artistes du sud du pays mais on a aussi les Black Spankers qui viennent de Bruxelles. Depuis trois ans on travaille sans cesse et d’ailleurs on va sortir notre troisième compile ce mois de juin » déclare l’artiste.

Une musique entre passé et futur

Fraichement revenu d’une tournée au Japon, Kid Noize prépare un album teinté de sons eighties et futuristes. Une anachronie qu’il aime cultiver dans la plupart de ses productions : « J’ai grandi dans les années 80 et cet univers m’a toujours accompagné jusqu’à maintenant que ce soit dans mes musiques, mon style de vie ou l’aspect graphique de Kid Noize. Les grosses voitures V8, la planète des singes, les synthés analogiques, c’est ça qui me fait rêver ! Mon truc c’est d’utiliser des synthés des années 80   dans des productions modernes. C’est pour ça que j’appelle ça de la synth-pop. » Un esprit créatif qu’il a depuis l’enfance et qui ne s’est pas cantonné  au seul domaine musical : « Très vite, j’ai demandé une caméra à mes parents et je faisais des petits clips. Comme je n’avais pas de banc de montage, je re-filmais les images que j’avais prises en les passant sur ma télé en y ajoutant de la musique. Plus tard j’ai fait des études de graphisme tout en continuant la musique. J’ai toujours adoré mixer le jeu et la création et je continue tous les jours avec Kid Noize. »

L’été au plus près de ses racines

Si beaucoup de personnes privilégient les pays chauds et lointains pour passer leurs vacances, ce n’est pas le cas de Kid Noize. Pour l’artiste, cette période de l’année rime d’ailleurs avec travail : « En général, en été je joue dans des festivals, c’est donc beaucoup de travail ! Paradoxalement, c’est une période où je voyage beaucoup mais pas pour me reposer. J’ai peu de temps pour moi et quand j’ai la possibilité de me poser je préfère rester chez moi. J’habite en campagne, en bordure de la ville et c’est un vrai plaisir de me retrouver dans ce type de coin en été » explique-t-il. L’occasion pour lui de pratiquer des activités nature comme des ballades en vélo sur les chemins de halage ou de faire de la voiture téléguidée dans les bois.

Plus jeune, son intérêt pour la culture le menait dans les salles de concert et musées de Belgique. Un pays qui, selon lui, recèle de nombreux trésors : « On dit toujours qu’il fait mauvais en Belgique et qu’il n’y a pas grand-chose à faire mais quand on y regarde bien, on a une chance unique en Europe ! C’est un petit pays avec beaucoup de paysages différents à voir. Tu fais quelques kilomètres, tu es à la mer. Tu roules encore un peu, tu es dans les fagnes. Puis il ne faut pas oublier que la Belgique est proche de plusieurs pays. Bref, on est bien situés. » Fort de ce constat, l’artiste vient d’investir dans une camionnette : « ça a changé ma vie. Je peux charger n’importe quoi à l’arrière et aller partout ! Comme je l’ai déjà dit, je suis fan des grosses cylindrées et la camionnette me rappelle les roadmovies que j’aime.  C’est aussi une manière d’être plus indépendant, un peu comme si j’avais acheté un camping-car. »

Animé par ses souvenirs des eighties, Kid Noize a gardé une âme d’enfant émerveillée par les plaisirs simples de la vie. Fidèle à son personnage d’homme-singe, la nature reste son terrain de jeu favori.