En août prochain, Tom Boon, joueur de hockey belge renommé, s’envolera pour Rio avec les Red Lions afin d’y affronter les meilleures équipes mondiales. Un défi de taille qu’il s’apprête à relever avec enthousiasme, fier d’y représenter son pays auquel il est très attaché. Bruxellois d’origine, il est convaincu de la richesse de notre multiculturalité. Quelle est la Belgique de Tom Boon ?

En tant que figure publique, quelle vous semble être l’image de la Belgique lorsque vous voyagez à l’étranger ?

Tom Boon : « L’image de notre pays dépend bien entendu des endroits dans lesquels nous voyageons. Elle n’est pas la même en Europe qu’en Asie ou en Afrique. Je me suis rendu dans certains pays plus pauvres, comme l’Inde, dans lesquels la Belgique est plutôt synonyme de richesses et de moyens. Certains pays apprécient les Belges et d’autres ne savent même pas que la Belgique existe !

Personnellement, je tiens à dégager une image positive de mon pays lorsque je me déplace pour le sport. Une image de respect, de tolérance et d’adaptation envers les autres cultures. »

Êtes-vous fier d’être belge ?

T.B. : « Oui, tout à fait, j’aime beaucoup la Belgique. Nous avons la chance de vivre dans un pays de partage, riche de sa multiculturalité. Dans mon métier, je joue aussi bien avec des Wallons que des Flamands, et je pense que ce mélange est réellement positif. En Belgique, nous avons une culture et une vision des choses bien à nous auxquelles je tiens énormément. »

Vous intéressez-vous à la culture de notre pays ? Quel artiste belge vous semble le plus marquant actuellement ?

T.B. : « Étant à fond dans le sport, j’ai malheureusement moins le temps de m’intéresser à la culture. En musique, j’apprécie toutefois beaucoup Stromae : il a un talent incroyable et je trouve qu’il porte dignement les couleurs de la Belgique ! »

L’image de Bruxelles a souffert ces derniers mois dans la presse étrangère. Quelle est votre vision de notre capitale ?

T.B. : « En tant que Bruxellois d’origine, je peux dire que j’adore Bruxelles. Elle représente pour moi un mélange formidable de cultures et d’influences différentes qui constituent notre force. 

Je pense que la presse internationale s’est montrée très sévère envers Bruxelles sans savoir ce qu’il s’y passait réellement. Les attentats du 22 mars dernier nous ont tous profondément marqués et touchés, mais des événements de la sorte se produisent malheureusement partout dans le monde et je ne pense pas que Bruxelles doive être la cible de critiques non fondées.

Notre réponse a d’ailleurs été forte : par le partage, les messages de paix et d’union, nous avons, d’après moi, eu la bonne réaction. »

D’après vous, le sport peut-il servir de moteur pour unifier un pays comme le nôtre ?

T.B. : « J’en suis tout à fait convaincu. Il suffit de voir l’engouement des Belges autour de la dernière Coupe du Monde de Football en 2014. À chaque victoire de la Belgique, nous étions tous unis dans la fête, Wallons comme Flamands !

Dès que la Belgique brille, nous sommes tous fiers d’être belges. Mais lorsque les choses ne vont pas bien, on se met à se jeter la balle entre Flamands et Wallons, à se renvoyer la faute. Je pense pourtant que cette union fait notre force. Sur le terrain, lorsque l’on joue, toutes les différences s’effacent : Flamands ou Wallons, nous sommes rassemblés dans un même but et le jeu est tout ce qui compte. »

Vous intéressez-vous au football ? Allez-vous suivre l’Euro 2016 ?

T.B. : « Tout à fait, je m’intéresse au sport en général et je ne manquerai pas de suivre les matchs de l’Euro 2016, particulièrement lorsque la Belgique joue. Le sport, quel qu’il soit, est pour moi une vraie passion ! J’aime bien suivre les championnats des autres catégories que la mienne. »

Une passion que vous aimez d’ailleurs transmettre…

T.B. : « Oui, notamment via les Tom Boon Hockey Camps, une initiative que j’ai lancée l’an dernier. Accompagné d’une équipe de pros, j’y propose des stages pour enfants à prix abordables. Notre objectif est de transmettre notre passion aux plus jeunes et de leur faire découvrir le hockey de manière ludique. Passion, plaisir et performance y sont les mots d’ordre : l’apprentissage ne va pas sans la notion d’amusement ! Nous aimerions d’ailleurs pouvoir proposer une formule de camps à l’étranger. Prendre l’avion en groupe, vivre ensemble pendant une semaine : tout cela crée des liens, quelque chose de particulier se passe. »

Quels sont les espoirs de l’équipe pour ces
Jeux Olympiques ?

T.B. : « Nous nous apprêtons à entrer en concurrence avec les meilleures équipes nationales du monde et il s’agit d’une occasion en or pour nous. Nous avons de nombreuses attentes et préférons ne pas nous mettre de barrières afin d’aller le plus loin possible dans notre jeu.

C’est un peu l’erreur que nous avions faite aux Jeux Olympiques de Londres en 2012 : nous avions visé d’arriver en cinquième position, ce que nous avons obtenu. C’était déjà très positif, mais, cette fois, nous ne voulons pas nous mettre de limites et espérons arriver le plus haut possible dans le classement ! »

Dans quel état d’esprit vous sentez-vous près de deux mois avant l’événement ?

T.B. : « L’équipe est en forme, on se sent bien. C’est la dernière ligne droite avant les JO mais nous avons encore un peu de temps… La préparation n’est pas terminée et le but est que nous progressions jusqu’à ces matchs ! Nous nous entraînons énormément, développons les forces de chacun, élaborons notre stratégie de jeu.

Toute notre énergie devra être concentrée à ce moment-là, le plan est donc de s’améliorer constamment tout en préservant notre "pic d’énergie" pour les Jeux Olympiques et surtout ne pas y arriver fatigués. »

Quelles sont vos attentes personnelles pour ces Jeux ?

T.B. : « J’ai envie de profiter de cette opportunité pour donner le meilleur de moi-même. J’avais déjà eu la chance de participer aux Jeux Olympiques de Londres en 2012. C’est à chaque fois un rêve de gosse qui se réalise… Je tiens vraiment à faire tout mon possible pour notre équipe ! »